D’entrée de jeu est un ensemble sculptural reproduisant un parcours d’agility.

Les sculptures viennent tour à tour être manipulées pour former un parcours, où maîtres et chiens doivent se coordonner afin de franchir au mieux les obstacles présents.

Donnée à voir comme performance, D’entrée de jeu s’articule autour de deux personnages : “une participante” (interprétée par Karin Oberndorfer) et “un régisseur” (Hugo Baker) qui manipule toutes les sculptures (obstacles et chiens compris) afin de leur donner vie. Dans cet ensemble s’organise un véritable manège où chacun des personnages ignore totalement la présence de l’autre. Jusqu’à l’instant où mis à bout de force, “le régisseur” s’affranchit de ce statut quasi invisible pour devenir personnage identifié et reconnu. Ainsi le jeu pourra continuer de façon pluriel et commune, effaçant cette subordination latente et créer une relation de complicité réelle. La notion de partenaire prend dès lors tout son sens.

Inspiré et influencé par le manifeste des espèces compagnes de Donna Haraway, D’entrée de jeu admet également une vidéo de 9 minutes, dans laquelle est visible le moment dit de “reconnaissance” enregistré pendant un véritable concours d‘agility. Temps pendant lequel seul les maîtres sont sur le terrain et apprennent le parcours afin de pouvoir le communiquer à leurs chiens respectifs par l’intermédiaire de positionnements, gestes et paroles. Ils esquissent là une chorégraphie quelque peu étrange, où l’intériorisation du parcours, la simulation du chien absent et la synchronie involontaire, témoignent d’un être ensemble surprenant.

Interprétée par Karin Oberndorfer et Hugo Baker